Présentation du n°31 de la revue Les Utopiques par Marnix Dressen-Vagne
Depuis plus de dix ans, au rythme de trois numéros par an, Les Utopiques, Cahiers de l’Union syndicale Solidaires, alimentent militants et sympathisants en articles qui répondent à une triple fonction : diffuser des connaissances sur le mouvement ouvrier au sens large, nourrir la réflexion approfondie et mobiliser ses lecteurs en faveur des luttes nationales et internationales.
Le numéro 31, au printemps dernier, s’intitulait « Grève générale ! », livraison presque entièrement consacrée aux arrêts de travail et plus largement d’activités, mais de manière concertée sous toutes leurs formes.
Les auteurs sont souvent des leaders ou des anciens leaders de différents syndicats SUD (G. Gourguechon, C. Mahieux, M . Guilbert, A. Boudon, J. Le Mazier, S. Duteil, mais aussi un éditeur P. Silberstein, un militant CGT, N. Bouchouicha, des historien‧nes L. Bantigny, A. Ruscio, R. Azemar, R. Feinte, etc.).
Dans ce numéro des Utopiques, l’histoire est à l’honneur, histoire fondatrice du mouvement syndical ou de la lutte anticoloniale (la guerre du Rif), histoire postérieure à la Deuxième Guerre mondiale (la lutte du Parisien Libéré, p. ex.), mais aussi les luttes les plus contemporaines, comme les affrontements contre les conditions de travail et d’emploi dans le contexte du capitalisme de plateforme. On le voit, si l’histoire est à l’honneur – Marc Bloch, dans L’Étrange défaite, n’écrivait-il pas « Le passé a beau ne pas commander le présent tout entier, sans lui, le présent demeure inintelligible » –, il ne s’agit pas que d’une revue d’histoire. Elle apporte aussi des éléments juridiques (p. ex. sur la remise en cause internationale du droit de grève). Une idée clé qui ressort de la lecture est que LA grève n’existe pas, il existe des grèves, voire des grèves dans la grève. Elle ne touche pas que des ouvriers ni des membres du salariat industriel, chacun.e le sait, mais aussi, même si la notion pourrait être discutée dans ces contextes, des étudiant.es, des soldats du temps de la conscription obligatoire.
Assurément un numéro intéressant dans sa conception, mais aussi par cet art d’écrire des choses sérieuses de manière très lisible.
Le numéro 32, sorti cet été, n’a pas de « corpus », mais il est exclusivement composé de « varia » : on y parle de questions d’une brulante actualité : l’impérialisme ; le « campisme », et… bien sûr de syndicalisme avec, notamment, un article qui se propose de « réinventer la représentation du personnel ».
La revue, qui publie trois numéros par an, tire à 2 200 exemplaires, et peut être commandée sur le site des éditions Syllepse (www.syllepse.fr), celui des Utopiques (www.lesutopiques.org) ou dans toutes les librairies.

